11/10/2021

Le WHRCF 2021 rassemble des voix locales pour faire face aux crises et promouvoir un nouveau contrat social fondé sur les droits

Le point de rencontre annuel du mouvement des villes des droits humains s'est tenu du 6 au 10 octobre. Dans sa 11ème édition, il a abordé la crise actuelle sur la base des valeurs des droits humains, afin de renouveller le contrat social garantissant que les efforts de redressement ne laissent personne de côté.

Grâce à la participation de nombreux gouvernements locaux et régionaux membres de CGLU et de la CISDPDH, ainsi que de représentants de l'ONU, de partenaires internationaux et de défenseurs des droits, le Forum a apporté des contributions importantes au processus de définition d'un nouveau Pacte pour l'avenir. Il a également recueilli des soutiens pour "Notre programme commun" proposé par le Secrétaire général des Nations unies.

La Commission CGLU-CISDPDH a organisé trois sessions pendant le WHRCF 2021.

« Session plénière : Dialogue de haut niveau sur l'avenir du mouvement des villes des droits humains »


Ps 1 speakers


La première session plénière du Forum a été organisée par la CISDPDH, le HCDH et le GIC. Elle a réuni plusieurs gouvernements locaux avec des représentants du leadership du HCDH et de CGLU pour promouvoir davantage les synergies et les formes concrètes de reconnaissance de l'agenda sur les gouvernements locaux et les droits humains. Ce processus vise à rendre visible la capacité de leadership et l'engagement politique des autorités locales et régionales en matière de droits humains, tout en explorant des pistes de coopération avec l'ONU en matière de droits humains.

Il s'agit de la troisième réunion de ce type, qui s'appuie sur la tenue réussie d'événements similaires en 2019 et 2020.

La session s'est concentrée sur le rôle des pouvoirs locaux dans la réponse à la crise du COVID-19, ainsi que dans la contribution aux efforts de récupération, en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté. Les initiatives collectives au niveau régional et international ont également été abordées, tenus notamment dans le cadre du Forum WHRCF, de la feuille de route de la CISDPDH sur les droits humains et de l'accord de coopération à venir entre CGLU et le HCDH.

Emilia Sáiz (Secrétaire générale de CGLU) et Nada al-Nashif (Haut-commissaire adjointe du HCDH) ont célébré l'importance du processus de renforcement du partenariat entre les deux organisations. Taheo Lee, ambassadeur de Corée du Sud auprès de l'ONU à Genève, a souligné l'engagement de son pays à continuer de soutenir cet procesus onusien, montrant ainsi que la volonté de coopération est au cœur de cet agenda.

La secrétaire général de CGLU-ASPAC, Bernadia Tjandradewi, a animé une première table ronde avec des maires et des responsables de collectivités locales de Jeonju (Corée du Sud), Rivas Vaciamadrid (Espagne), Sfax (Tunisie), Subang Jaya (Malaisie) et Utrecht (Pays-Bas). Ils ont souligné que la contribution locale et régionale était essentielle pour garantir que personne ne soit laissé pour compte, notamment grâce à l'innovation, au leadership politique et à la collaboration.

La coprésidente de la CGLU-CISDPDH, Linda Voortman, a présenté la feuille de route de CGLU sur les droits humains et le processus du Pacte pour l'avenir, et a présenté des idées clés sur la façon de renouveler le contrat social.

Plusieurs directeurs municipaux et soutiens clés du mouvement ont participé au deuxième panel de la session ; notamment des représentants de Vienne (Autriche), Montréal (Canada), Mexico, Barcelone (Espagne) et Quilmes (Argentine). Tous ont rappelé le rôle important de la coopération entre les villes pour faire avancer les objectifs communs en matière de droits humains. En période de crise, le travail en réseau en faveur des droits peut jouer un rôle important en guidant les transformations sociales, économiques et politiques en cours vers un avenir meilleur et plus inclusif.

Le rapport de cette session sera bientôt disponible : Restez à l'écoute !

« Consultation Asie-Pacifique sur les pouvoirs locaux et les droits humains et mise à jour de la Charte-agenda mondiale »


Speakers Charter-agenda


Cet événement spécial a été organisé par la CGLU-CISDPDH et la section régionale CGLU-ASPAC afin d'apporter des perspectives de l'Asie-Pacifique au processus de suivi de la Charte-agenda mondiale des droits humains dans la ville. En conséquence, il a rassemblé des gouvernements locaux et des acteurs urbains de la région Asie-Pacifique pour réfléchir collectivement aux défis, innovations et priorités émergents au niveau local.

Le maire de Gwangju, Lee Yong-sup, et la co-maire d'Utrecht, Linda Voortman, tous deux co-présidents de la CGLU-CISDPDH, ont partagé leurs propres engagements envers le processus de la Charte-Agenda au sein de CGLU. Ils ont invité les participants à réfléchir à leurs priorités communes, toutes susceptibles d'aider à mieux articuler le dialogue entre les acteurs du mouvement des villes des droits humains en Asie et le reste du monde.

La coordinatrice de la CISDPDH, Amanda Flety, a souligné que ce processus est un élément clé de la feuille de route matière de droits humains, qui cherche à appuier le mouvement par le biais de débats politiques, de campagnes et d'apprentissage. Le secrétaire général de CGLU-ASPAC, Bernadia Tjandradewi, a noté que les droits humains sont clés pour garantir que les efforts de redressement conduisent à une prospérité durable sans laisser personne pour compte.

Quatre dirigeants locaux ont pris la parole dans le premier panel de la réunion, représentant les gouvernements locaux de Dobong-gu et Daejeon (Corée du Sud), Semarang (Indonésie) et Baguio (Philippines). Ils ont mis l'accent sur des questions telles que l'urgence climatique, la mémoire historique ou la promotion de la tolérance. Ils ont souligné l'importance d'intégrer l'approche fondée sur les droits dans l'action locale, tout en favorisant des relations de travail avec les acteurs locaux et les autorités nationales autour des droits humains.

Le deuxième panel s'est adressé à quatre représentants d'organisations travaillant sur les droits humains au niveau local, dont la section HCDH Asie-Pacifique, le Bureau du Président de l'Indonésie, World Enabled, Kota Kita / Plateforme mondiale pour le droit à la ville et l'Institut Raoul Wallenberg. Ils ont donné un aperçu des priorités thématiques et politiques et des innovations dans la région Asie-Pacifique. Une fois de plus, ils ont souligné l'importance de la coopération entre les acteurs locaux, tout en introduisant des approches synergiques à la vision de la ville des droits humains: par exemple, la conception universelle ou le droit à la ville.

Le rapport de cette session sera bientôt disponible : Restez à l'écoute !

« Session spéciale: Garantir le droit à la ville pour toutes - les gouvernements locaux face aux violences faites aux femmes »


Speakers VAWG


Pour la première fois, le Forum Mondial des Villes des Droits Humains de Gwangju (WHRCF) a abordé la question des violences faites aux femmes (VFF) en relation avec l'agenda des droits humains dans les villes (#Cities4Rights). Cet événement a réuni des leaders locaux engagés dans la lutte contre les VFF par le biais de la politique et de la coopération.

Cet événement était le premier de l'agenda international du projet FICOL par la Seine Saint Denis : une initiative ambitieuse portée par cette coprésidence de la CISDPDH qui vise à renforcer la coopération entre les collectivités locales en matière des VFF autour d'un observatoire partagé. Elle est soutenue par l'Agence française de développement (AFD).

Le Président de la Seine Saint Denis, Stéphane Troussel, et la Rapporteuse Spéciale de l’ONU sur les VFF, Reem Alsalem, ont envoyé des contributions significatives à l'événement, soulignant le rôle important des engagements locaux et du leadership politique dans la lutte contre la violence structurelle et le soutien du travail des acteurs sur le terrain.

Quatre femmes qui mènent la lutte contre les violences faites aux femmes dans leurs villes respectives ont pris la parole pour partager leurs expériences sur le terrain : Gissela Chalá, adjointe au maire de Quito et première femme d'origine africaine élue à ce poste dans la capitale équatorienne ; Annie Chrystel Limbourg, adjointe au maire de Libreville (Gabon) et figure de proue du réseau africain des élues locales ; Angélica Olivares, directrice adjointe de l'inclusion et du bien-être social d'Iztapalapa, la municipalité la plus peuplée de Mexico ; et Fabiana Goyeneche, directrice des relations internationales de Montevideo (Uruguay) et figure de proue du municipalisme latino-américain.

Leurs interventions ont mis en évidence le rôle de l'institutionnalisation des efforts pour lutter contre les VFF. Elles ont souligné que les VFF et la ville en tant qu'espace physique, social et symbolique sont étroitement liées ; par conséquent, cette relation devrait être considérée comme une question centrale dans toute vision pratique du droit à la ville. Elles ont convenu de la nécessité de promouvoir des politiques plus ambitieuses dans le contexte de la crise du COVID-19, et de veiller à ce que le leadership féministe local à l’international ouvre la voie à un avenir meilleur, plus égalitaire et pacifique.

Répondant à l'appel à la promotion d'une coopération basée sur la “sororité” et les valeurs partagées, les principales référentes de la Seine Saint Denis en matière de lutte contre les VFF et de promotion de la coopération décentralisée avec le monde (respectivement Ernestine Ronai et Magali Fricaudet) ont présenté le projet FICOL comme une plateforme très concrète pour promouvoir conjointement cet agenda commun. La Seine Saint Denis est prête à contribuer sur la base de sa riche expérience politique de plus de 20 ans.

La gouverneure de Ngazidja (Comores), Sitti Farouata Mhoudine, et le maire de Jenin (Palestine), Al Sadi Fayes, ont montré leur volonté de se joindre au projet. Tous deux partenaires historiques de la Seine Saint Denis, ils sont aujourd'hui désireux d'échanger avec d'autres collectivités locales du monde entier sur la manière de concevoir des politiques efficaces pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Le rapport de cette session sera bientôt disponible : Restez à l'écoute !