25/09/2026

La CISDPDH place les droits humains et le renouvellement démocratique au cœur de la 25e Conférence de l’OIDP à Cracovie

 

Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), à travers sa Commission sur l’inclusion sociale, la démocratie participative et les droits humains (CISDPDH), a participé à la 25e Conférence de l’Observatoire international de la démocratie participative (OIDP), qui s’est tenue à Cracovie, en Pologne, du 21 au 23 septembre 2026. Placée sous le thème du renouvellement démocratique et de l’avenir de la démocratie participative, la Conférence a réuni des gouvernements locaux et régionaux, des organisations de la société civile, des praticiens, des universitaires et des acteurs de l’innovation démocratique afin de réfléchir à la manière dont la participation peut répondre aux défis croissants auxquels sont confrontées les sociétés démocratiques.

Dans le cadre du programme de la Conférence, la CISDPDH et l’OIDP ont organisé conjointement la session « Transformer les droits en action : les voies locales vers un renouveau démocratique », qui s’est tenue le 21 septembre. La session a exploré la manière dont les villes peuvent renforcer la démocratie, rétablir la confiance et faire progresser l’inclusion grâce à une gouvernance locale fondée sur les droits humains, en mettant en relation les expériences locales avec le mouvement croissant des Villes des Droits Humains et la Nouvelle Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la ville.

Dans un contexte marqué par une pression croissante sur les systèmes démocratiques, la fragmentation sociale, l’exclusion et la réduction de l’espace civique, la session a mis en évidence le rôle des gouvernements locaux et régionaux en tant qu’acteurs démocratiques capables de traduire les droits en politiques, institutions, services et relations concrètes avec les communautés.

 

Relier les droits humains et la démocratie participative

La session a exploré la manière dont les droits humains et la participation peuvent se renforcer mutuellement dans la gouvernance locale au quotidien. Les intervenants ont partagé des expériences liées à l’égalité, à la lutte contre les discriminations, à l’inclusion sociale, à la gouvernance participative et à l’accès aux services, soulignant l’importance de veiller à ce que les institutions démocratiques répondent aux réalités et aux besoins de communautés diverses.

Depuis Gdańsk, l’adjointe au maire chargée du développement social et de l’égalité de traitement, Monika Chabior, a présenté l’expérience de la ville dans le développement de pratiques participatives fondées sur l’égalité et l’inclusion, notamment à travers ses Centres pour l’égalité de traitement. Ces centres apportent un soutien aux personnes confrontées à différentes formes de discrimination et les mettent en relation avec les services et organisations concernés. Chabior a souligné l’importance d’aller au-delà des interventions individuelles et de se demander : « Qu’est-ce qui va changer ? Quel sera l’impact sur la vie des personnes ? »

Tessza Udvarhelyi, adjointe au maire du 8e arrondissement (Józsefváros) de Budapest, a présenté le développement d’un modèle de gouvernance locale participative fondé sur la durabilité, la participation et la justice sociale. L’arrondissement a mis en place des structures telles qu’un Bureau de l’égalité des chances et un Bureau de la participation citoyenne, ainsi que des dispositifs de budget participatif, de planification communautaire, de soutien à la société civile et de bénévolat.

Ces expériences ont montré que la participation ne consiste pas uniquement à créer de nouveaux mécanismes de consultation. Elle nécessite également des structures institutionnelles, un engagement politique et des ressources permettant aux habitants et à la société civile de jouer un rôle significatif dans l’élaboration des politiques locales.

 

Des principes des droits humains à l’action locale

L’expérience de Vienne, présentée par la Commissaire aux droits humains, Shams Asadi, a offert une autre perspective sur l’intégration des droits humains dans la gouvernance locale. L’expérience de Vienne en tant que Ville des Droits Humains implique notamment de travailler avec la société civile et les ONG afin d’examiner les politiques, les structures et les institutions à travers une approche fondée sur les droits humains.

Asadi a souligné que devenir officiellement une Ville des Droits Humains n’est que le début : « Avoir le label ou le nom est facile ; ce qui est difficile, c’est de le mériter et de continuer à le mériter. »

Les échanges ont également mis en évidence l’importance d’intégrer les considérations relatives aux droits humains dans des domaines qui ne relèvent pas toujours clairement des structures traditionnelles des droits humains, notamment la pauvreté des enfants, la traite des enfants, l’insécurité et la cybersécurité. Asadi a insisté sur la nécessité de relier participation et démocratie aux droits humains au sein des institutions publiques et de la société civile.

Depuis l’Indonésie, Fouad Jamil, Spécialiste senior de l’engagement des parties prenantes chez Kota Kita, a souligné l’importance de faire progresser la participation « depuis la communauté vers le haut », notamment lorsqu’il s’agit de répondre aux besoins des groupes vulnérables. Il a également réfléchi à la manière dont les pratiques locales peuvent influencer les politiques nationales, le budget participatif constituant un exemple d’approche adoptée par les gouvernements locaux avant d’être reprise au niveau national.

 


 

Suivi et données probantes pour les droits humains au niveau local

La session a également présenté le projet DeCiDE, présenté par Marshall Wanimo, Coordinateur du projet chez la Human Rights Cities Network. Le projet développe une approche de suivi visant à localiser la Charte des droits fondamentaux de l’UE, en collaboration avec les gouvernements locaux et régionaux et la société civile.

L’initiative vise à renforcer la capacité de dix villes européennes à suivre la fourniture de services publics au moyen d’approches participatives et inclusives, à renforcer la consultation de la société civile et à développer les connaissances et les capacités autour de la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

Dans le cadre de ce travail, le projet développe quatre indicateurs relatifs aux droits humains et produit des données probantes avec les gouvernements locaux, la société civile et les acteurs politiques. Les échanges ont souligné le potentiel de tels outils pour aider les villes à identifier les lacunes, à renforcer leurs capacités de suivi et à traduire les cadres plus larges des droits humains dans les pratiques locales.

Les discussions ont également souligné l’importance de relier les différentes initiatives menées par les villes et d’apprendre les unes des autres. Comme l’ont relevé les participants, les gouvernements locaux évoluent dans des contextes très différents, ce qui rend l’échange entre pairs, l’adaptation et l’apprentissage essentiels pour faire progresser une gouvernance fondée sur les droits humains.

 

Villes des Droits Humains et la Nouvelle Charte-Agenda mondiale

Tout au long de la session, les participants ont mis en relation ces expériences locales avec le mouvement des Villes des Droits Humains et la Nouvelle Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la ville.

Les échanges ont montré comment la Charte-Agenda peut fournir un cadre commun aux villes qui cherchent à traduire leurs engagements en matière de droits humains dans les politiques et pratiques locales, tandis que la démocratie participative peut contribuer à garantir que ces politiques soient élaborées avec les communautés qu’elles concernent.

La discussion a également fait écho au travail plus large de CGLU et de la  CISDPDH visant à localiser les droits humains et à renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux, notamment à travers la campagne mondiale « 10, 100, 1 000 villes et territoires des droits humains pour 2030 ».

 

Renforcer la confiance grâce à la démocratie locale

Un thème récurrent tout au long de la session a été la confiance : la confiance dans les institutions, la confiance entre les gouvernements et les communautés, ainsi que la confiance dans la capacité des citoyens à participer et à façonner leurs sociétés.

Les expériences présentées à Cracovie ont montré que le renforcement de la démocratie locale nécessite davantage que des mécanismes formels de participation. Il s’agit de créer des institutions inclusives, de lutter contre les discriminations et les inégalités, d’investir dans les services publics, de soutenir la société civile et de veiller à ce que les citoyens puissent voir comment leur participation se traduit par des actions concrètes.

 


 

La participation de la CISDPDH à la Conférence de l’OIDP a ainsi constitué une occasion de réunir les communautés des droits humains et de la démocratie participative autour d’un agenda commun pour le renouvellement démocratique.

Comme l’a conclu Shams Asadi, que l’accent soit mis sur les droits humains, la démocratie ou la participation, « la confiance est le maître-mot de tout ce que nous faisons : la confiance dans les institutions, la confiance en nous-mêmes. »

Les échanges de Cracovie ont renforcé les liens entre la communauté de l’OIDP, le mouvement des Villes des Droits Humains et l’agenda plus large de CGLU en matière de démocratie locale et de droits humains, tout en soulignant l’importance de transformer les cadres mondiaux en actions locales concrètes.

 

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