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Les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 : pour une transformation urbaine inclusive à l’échelle métropolitaine (Séminaire Saint Denis 2019)

Les 2 et 3 juillet derniers, la Commission CISDPDH et ses coprésidents de Seine Saint Denis et de Plaine Commune ont organisé un séminaire international sur la thème « Jeux Olympiques inclusifs et solidaires ». Tenu dans les villes françaises de Saint-Denis et de Montreuil, ce séminaire avait pour objectif de fournir un espace de réflexion et débat sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, qui se dérouleront à Paris et ses territoires métropolitains. Le séminaire a tout particulièrement mis l'accent sur la question de l’héritage olympique, en évaluant comment ce processus peut conduire à une transformation inclusive d'un territoire marqué par des fortes inégalités sociales et spatiales.


 

Paris 2024 : une opportunité pour les villes périphériques et leurs habitants

Seine Saint Denis et Plaine Commune, deux territoires métropolitains du nord de Paris, seront au cœur des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. Cette zone accueillera de nombreux sites sportifs, ainsi que le village olympique et d’autres infrastructures clés pour les Jeux. Il est clair que cet événement offre une opportunité sans précédent pour le développement, mais ces autorités locales ont aussi des autres priorités pour 2024. Sur un territoire métropolitain marqué par de fortes inégalités, l’objectif est d’assurer l’inclusion et la participation des habitants et d’attendre un héritage durable et inclusif pour tous. Si les Jeux sont un levier pour le développement des territoires, ils doivent donc être un levier pour le développement des personnes qui y vivent.

Rassembler l’engagement politique et les initiatives de base à l’échelle locale avec les leçons tirées par les organisateurs et les parties prenantes des précédentes éditions des Jeux était donc l’objectif principale du séminaire de juillet. Ainsi, les organisateurs ont cherché à réfléchir ensemble à la manière de parvenir à un modèle de développement territorial inclusif et à un héritage durable après 2024.

« Les Jeux ne peuvent pas se faire sans nos territoires et ses gens : ils ont besoin de nous ». « L'implication de toutes les parties prenantes dans le processus de préparation ne doit pas être considérée comme un bonus, mais comme une condition essentielle de son succès ». « Pour que les Jeux soient vraiment inclusifs, nos habitants doivent se sentir identifiés et s’engager tout au long du processus ». « Atteindre un héritage durable pour tous est notre première priorité et nous commençons à le construire maintenant ».

Ce sont quelques-unes des idées exprimées par Stéphane Troussel et Patrick Braouezec, hôtes de l’événement et présidents de Seine Saint Denis et de Plaine Commune respectivement. À leur avis, Paris 2024 doit aller au-delà et saisir cette occasion pour repenser les relations complexes entre les territoires centraux et périphériques dans la métropole. Selon M. Troussel, « nous ne pouvons pas réaliser l’idée du Grand Paris sans l’émergence de nouvelles centralités. 2024 peut être une bonne occasion de réaffirmer la centralité renouvelée de nos territoires » ; une condition essentielle pour concrétiser le polycentrisme et le droit à la ville par les habitants des villes périphériques, selon M. Braouezec.

Apprendre des éditions olympiques précédentes et d'autres expériences internationales

Seine Saint Denis et Plaine Commune ont longtemps été au centre des débats sur la transformation territoriale, le polycentrisme et l'héritage inclusif. Le séminaire de juillet a toutefois été une occasion sans précédent d’écouter les enseignements tirés à cet égard par des « sièges olympiques » précédents. Londres 2012, Barcelone 1992, Pieonchang 2018 et Dakar 2022 étaient représentés au séminaire, ainsi que d'autres participants internationaux, chercheurs et associations locales.

Lors de l’ouverture du séminaire, Abdul Azeez Aliyyar Lebbe, ambassadeur de la Mission permanente du Sri Lanka auprès de l’ONU à Genève, a prononcé un discours inspirant sur l’idéal olympique et le potentiel du sport pour promouvoir la convivialité et défendre l’universalité des droits humains. Emilia Sáiz, secrétaire générale de CGLU, a invité les participants à réfléchir en termes de développement durable afin que les Jeux de 2024 ne laissent personne pour compte. Le maire de Granollers, Josep Mayoral, et l'ancien conseiller de Barcelone, Enric Truñó, ont figuré parmi les conférenciers d'ouverture du séminaire aussi, afin de présenter les Jeux de 1992 à Barcelone, marqués par l'inclusion de territoires périphériques.

Le séminaire était structuré en trois axes thématiques avec trois tables rondes chacun. Dans le premier axe, l'accent était mis sur la transformation urbaine, l'accessibilité et le développement durable. Ces sessions ont réuni des experts en régénération de villes postindustrielles, telles que Gillian Evans, ainsi que sur « durabilité et Jeux Olympiques », (David Stubbs, Magali Deschamps et Kim Joomin), où encore sur les droits des femmes, telles qu'Ana Falú. Paul Brickell (London Legacy) et Mark Gowdridge (GT3 Architechts) ont présenté le processus de transformation de la ville périphérique de Newham pendant les Jeux de 2012, et sur la conception universelle de ses sites sportifs. John Paul Cruz, représentant de World Enabled, a également soulevé la question des politiques d'accessibilité dans une perspective transversale.

Le deuxième axe thématique a analysé la question de l'intégration professionnelle et de l'inclusion sociale, en concevant les Jeux comme une occasion de créer de nouveaux emplois et de renforcer les compétences des habitants. Différents participants ont abordé cette question de manière spécifique –Karen Maguire (OCDE), Michelle May (London Legacy), Carlos Semedo (Maison des Langues d’Aubervilliers) ou encore l’association Métropop – tandis qu’une session entière était consacrée au volontariat. Cette dernière session offrait une comparaison utile entre les expériences de Barcelone et de Londres, en réunissant Sergí Crespí (l’Hospitalet de Llobregat), Emma Frost (London Legacy) et Susan Couper (Coupe du monde de rugby de 2015). Mauricio Draghi (Rugby para Todos) et Vicky Lowe (Fondation Laureus) ont présenté une approche alternative à ce sujet du point de vue du sport en tant qu’outil pour l’inclusion sociale.

Le dernier axe thématique a été consacré à la culture, aux jeunes et à la pratique sportive. À cette occasion, l'expérience de « l'Olympiade culturelle » organisée à Londres en 2012 a été présentée par Ruth Mackenzie face à diverses initiatives menées à Seine Saint Denis et Plaine Commune. En tant qu'ancien responsable de l'engagement des jeunes et de l'éducation des athlètes au Comité international olympique, Philippe Furrer a pu présenter différentes expériences dans le domaine de l'engagement des jeunes et de la promotion de la pratique sportive. Fanta Diallo a aussi présenté les préparatifs des Jeux de la jeunesse de Dakar 2022, et Peter Bundey, du Centre aquatique de Londres, a relevé comment la piscine olympique de Londres e contribué à la promotion de la pratique sportive au niveau du quartier.

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