19/05/2026

Gwangju accueille le Forum mondial des villes des droits humains 2026 sur la résilience démocratique et les droits humains

 

Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), à travers sa Commission Inclusion sociale, démocratie participative et droits humains, a participé en tant que co organisatrice au Forum mondial des villes des droits humains 2026, qui s’est tenu à Gwangju, en République de Corée, du 13 au 15 mai 2026. Organisé sous le thème « Villes des droits humains contre l’autoritarisme et le populisme », le Forum a réuni des gouvernements locaux et régionaux, des organisations internationales, la société civile, le monde universitaire et des défenseur·euse·s et praticien·ne·s des droits humains afin de débattre de la manière dont les villes défendent la démocratie et les droits humains depuis le niveau local.

Organisé chaque année à Gwangju depuis 2011, le Forum est devenu un espace mondial de référence pour le mouvement des Villes des droits humains. Ancré dans l’héritage démocratique de Gwangju et du soulèvement de mai 1980, il continue de favoriser la coopération internationale, l’apprentissage entre pairs et les échanges entre villes et partenaires engagés à intégrer les droits humains dans la gouvernance locale quotidienne.

L’édition de cette année s’est concentrée sur l’impact croissant des formes de gouvernance autoritaires et des politiques populistes sur les institutions démocratiques, la participation civique, la confiance sociale et les droits des groupes vulnérables. Les discussions ont mis en lumière la responsabilité des villes des droits humains de lutter contre l’exclusion, la polarisation, le rétrécissement de l’espace civique, la discrimination et les attaques contre le pluralisme, tout en renforçant la résilience démocratique, la solidarité et le multilatéralisme local.

Les villes en première ligne pour la démocratie et les droits humains

Tout au long du Forum, les participant·e·s ont souligné que les villes ne sont pas seulement les lieux où les crises mondiales se ressentent le plus directement, mais aussi des espaces où peuvent se construire des réponses démocratiques concrètes. Les gouvernements locaux et régionaux ont été reconnus comme des acteurs essentiels pour protéger la participation, garantir l’accès aux services, promouvoir l’égalité et rendre les droits humains visibles dans la vie quotidienne des populations.

Volker Turk

Dans son discours d’ouverture, Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a souligné l’importance des villes des droits humains en période d’incertitude :

« Dans des moments comme ceux que nous traversons, marqués par la turbulence, l’incertitude, l’anxiété et la confusion, les droits humains peuvent constituer ce fondement. Les villes des droits humains forment un réseau mondial de solidarité et de liberté. Elles sont des havres de certitude où les principes de bienveillance, de soin et d’équité continuent de tenir. »

Il a également rappelé que les villes se trouvent en première ligne face à certains des défis les plus pressants d’aujourd’hui, notamment la pauvreté, les inégalités, l’insuffisance des soins de santé et de l’éducation, les pressions énergétiques, les pénuries d’eau, la pollution de l’air et d’autres crises urbaines. Dans ce contexte, il a souligné que les droits humains, l’égalité et l’inclusion offrent aux villes un modèle de gouvernance cohérent, capable de renforcer la résilience, la stabilité et la confiance.

La contribution de CGLU au Forum

En tant que coorganisatrice, CGLU a contribué à façonner le programme et le récit politique du Forum, en veillant à ce que le rôle des gouvernements locaux et régionaux demeure au cœur des discussions mondiales sur les droits humains. CGLU était représentée par Adrià Duarte, responsable de la Commission Inclusion sociale et droits humains, qui a modéré, aux côtés de Morten Kjærum, la Session spéciale de l’Université nationale de Chonnam « IA, autoritarisme et résilience démocratique dans les villes ».

La Secrétaire générale de CGLU, Emilia Saiz, est également intervenue lors de la Cérémonie d’ouverture à travers des remarques de félicitations, réaffirmant l’importance de l’action locale dans un ordre mondial en mutation :

« À un moment où les règles ne semblent pas s’appliquer à certains, où nous voyons notre ordre mondial changer, il est essentiel de comprendre que l’action locale peut réellement faire la différence et changer la vie d’un plus grand nombre de personnes, partout et pour toutes et tous. »

Ses remarques ont relié les discussions du Forum à l’agenda plus large de CGLU sur le multilatéralisme local, le renouvellement du contrat social et le prochain Congrès Mondial de CGLU à Tanger, au Maroc. Elle a également réaffirmé le soutien de CGLU à la Campagne mondiale « 10, 100, 1 000 Villes et Territoires des droits humains d’ici 2030 » et a mis en avant la Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la cité comme cadre pratique pour guider l’action locale.

Renforcer le mouvement des Villes des droits humains

Le Forum a confirmé l’élan croissant du mouvement des Villes des droits humains et la nécessité d’intensifier les engagements dans les années à venir. Volker Türk a rappelé que l’Initiative Villes des droits humains du HCDH compte désormais 104 membres et a souligné l’élaboration du Cadre d’orientation pour créer une ville des droits humains, préparé avec CGLU.

Il a également annoncé le lancement prochain d’une nouvelle alliance mondiale pour les droits humains, comprenant une initiative visant à renforcer le mouvement des Villes des droits humains grâce à de nouveaux espaces de connexion, d’échange et d’apprentissage partagé. Cet élan est étroitement lié à la Campagne mondiale de CGLU, qui vise à accroître le nombre de villes et de territoires plaçant les droits humains au centre des politiques publiques locales.

L’apprentissage entre pairs a occupé une place centrale tout au long des trois jours, avec des expériences de villes, d’institutions des droits humains, d’organisations de la société civile et de partenaires internationaux montrant comment les droits humains peuvent se traduire en politiques locales concrètes, mécanismes de redevabilité et pratiques participatives.

Principaux débats et temps forts du programme

Le Forum s’est ouvert le 13 mai par des sessions universitaires consacrées à l’intelligence artificielle, au vieillissement, aux droits humains et à la résilience démocratique. La Session spéciale de l’Université nationale de Chonnam, modérée par Adrià Duarte aux côtés de Morten Kjærum, a examiné la manière dont l’IA et la transformation numérique redéfinissent la gouvernance urbaine, les services publics, le logement, la planification territoriale, la sécurité urbaine et l’accès aux ressources.


Les intervenant·e·s ont réfléchi aux opportunités et aux risques des systèmes fondés sur l’IA, notamment en matière de transparence, participation, vie privée, non-discrimination, équité et droit à la ville. La session a appelé à une gouvernance de l’IA fondée sur les droits humains, à des cadres réglementaires renforcés, à un contrôle citoyen et à un contrôle démocratique des infrastructures numériques, en soulignant que l’IA doit être comprise comme une question politique et de gouvernance ayant des conséquences directes sur les droits, l’égalité, la participation et la démocratie.

Le 14 mai, la Cérémonie d’ouverture et la Session plénière principale ont placé le thème central du Forum, « Villes des droits humains contre l’autoritarisme et le populisme », au cœur du débat. Les intervenant·e·s ont partagé des expériences de Corée, des États-Unis, de Thaïlande et d’autres contextes, montrant comment les institutions locales, les politiques publiques, les mécanismes de redevabilité et l’engagement citoyen peuvent répondre à l’érosion démocratique.

Le 15 mai, les discussions se sont élargies au plaidoyer de la société civile, aux droits des personnes en situation de handicap, à l’égalité de genre, aux villages des droits humains et aux villes inclusives dans la région Asie-Pacifique. Les sessions ont exploré l’impact de l’autoritarisme et du populisme sur les groupes vulnérables, l’autoritarisme numérique et les écarts de genre, ainsi que le rôle des villes inclusives et durables dans la promotion des droits.

Partenariats et prochaines étapes

Le Forum a réaffirmé l’importance de partenariats solides entre les gouvernements locaux et régionaux, le système des Nations Unies, l’UNESCO, la société civile, le monde universitaire et les institutions des droits humains. La collaboration entre CGLU et le HCDH a été particulièrement visible à travers leur engagement commun à renforcer le mouvement des Villes des droits humains, à accroître le nombre de villes et territoires engagés et à développer des outils soutenant les gouvernements locaux dans l’application des cadres des droits humains.


Pour CGLU, les résultats du Forum alimentent les travaux en cours visant à soutenir les villes et territoires dans l’adoption d’approches fondées sur les droits humains, la promotion de la Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la cité et le renforcement de l’apprentissage entre pairs. Ils contribueront également au chemin vers le Congrès de CGLU à Tanger en juin 2026, où les droits humains, la démocratie locale, l’inclusion sociale et le multilatéralisme local resteront au cœur de la stratégie politique de CGLU.

En réunissant des responsables politiques, des praticien·ne·s, des organisations internationales, le monde universitaire, la société civile et les communautés, le Forum mondial des villes des droits humains 2026 a montré que les villes des droits humains ne se contentent pas de résister au recul démocratique. Elles construisent aussi des alternatives concrètes fondées sur le soin, l’égalité, la participation, la solidarité et la résilience démocratique.

Plus d’informations sur le Forum mondial des villes des droits humains ici : https://en.whrcf.org/