Du 23 au 27 février, Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) a tenu son Séminaire annuel à Barcelone sous le thème « Le multilatéralisme local comme ESPOIR et OBJECTIF: une vision locale et territoriale pour le monde ».
Le Séminaire est une rencontre d’une semaine qui rassemble des nœuds clés de l’organisation et ses partenaires afin de renforcer les synergies et de faire progresser des actions conjointes conformément aux priorités définies par les instances de gouvernance de CGLU. Les membres de la Commission de CGLU sur l’inclusion sociale, la démocratie participative et les droits humains ont activement contribué à ces discussions.
Des représentants de la coprésidence de la Commission, Seine-Saint-Denis et Mexico, ainsi que des membres tels que Vienne ou la Plateforme mondiale pour le droit à la ville (GPR2C), ont participé au Séminaire pour réaffirmer l’importance d’une action fondée sur les droits comme pilier central d’un multilatéralisme renouvelé, ainsi que le rôle croissant des villes et des régions dans la construction d’un multilatéralisme plus inclusif, ancré dans les droits humains, la démocratie et la justice sociale.
Les droits humains, les services publics et la confiance au cœur de la gouvernance locale
Au fil des sessions, les participants ont souligné que le contexte mondial actuel — marqué par l’érosion démocratique, l’augmentation des inégalités et la montée des tensions géopolitiques — exige un leadership renouvelé de la part des gouvernements locaux et régionaux pour défendre les valeurs démocratiques et les droits humains.
Rocío Lombera, responsable des affaires internationales de la Ville de Mexico, a réfléchi au sens profond de la confiance dans les institutions publiques :
« La confiance va au-delà de la proximité. Elle est proximité, identité et racines. Dans son essence, elle est mémoire — elle concerne le fait d’être gouvernement, l’espoir et l’utopie. Une utopie qui peut être transformée en réalité. »

Le Séminaire a également mis en évidence l’importance de relier les services publics et les infrastructures sociales aux cadres des droits humains. Lorena Zárate, co-coordinatrice de la Plateforme mondiale pour le droit à la ville, a souligné que le moment politique actuel exige de repenser les modèles de gouvernance :
« Nous ne sommes plus dans une ère néolibérale. Nous entrons dans un contexte post-néolibéral ouvertement antidémocratique et autoritaire. »
Elle a insisté sur le fait que la fourniture des services essentiels ne doit pas être comprise uniquement comme une question d’infrastructures physiques, mais aussi comme une question de cohésion sociale, d’institutions démocratiques et de droits. De nombreux droits, a-t-elle noté, restent insuffisamment reconnus, mais les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle clé dans leur promotion — notamment les droits des travailleurs et la protection des infrastructures publiques et sociales comme biens communs plutôt que comme marchandises.
Une session clé du Séminaire a précisément porté sur les droits des travailleurs. Dans le cadre de la collaboration entre CGLU et Public Services International (PSI), un dialogue social structuré a été lancé afin de renforcer la reconnaissance des travailleurs des gouvernements locaux et régionaux comme acteurs essentiels de la transformation des systèmes de services publics locaux.
L’importance d’adopter des approches fondées sur les droits humains dans la gouvernance locale a également été soulignée par Shams Asadi, de la ville de Vienne, qui a mis en avant le rôle croissant des Villes des droits humains comme espaces où les gouvernements locaux traduisent les principes internationaux des droits humains en politiques et pratiques concrètes.
Action féministe : l’Observatoire international des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis
Le Séminaire a également mis en lumière le rôle croissant du municipalisme féministe dans la promotion du renouveau démocratique et des droits humains au niveau local. Lors du Marketplace du Séminaire, Alice Casagrande, responsable de l’Observatoire international des violences faites aux femmes du Département de Seine-Saint-Denis, a présenté le travail de l’Observatoire ainsi que le programme Pour des territoires protecteurs des femmes victimes de violences.
Elle a souligné les trois objectifs clés de l’initiative :
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Soutenir la création d’observatoires locaux pour lutter contre les violences faites aux femmes dans le monde
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Contribuer à la création d’une coalition mondiale de gouvernements locaux engagés pour mettre fin aux violences faites aux femmes
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Sensibiliser le public et renforcer l’action collective en faveur de l’égalité de genre

Casagrande a insisté sur l’importance de développer des observatoires locaux, de lancer un réseau mondial de gouvernements locaux engagés contre les violences faites aux femmes et d’élargir les espaces internationaux d’apprentissage entre pairs afin de partager les expériences et renforcer les réponses collectives.
Vers Tanger : des villes à l’avant-garde d’un multilatéralisme fondé sur les droits
À mesure que les préparatifs avancent pour le Congrès mondial de CGLU 2026 à Tanger, le Séminaire a renforcé un message clé : les droits humains, la démocratie et une nouvelle génération de services publics locaux universels doivent rester au cœur du mouvement municipaliste et du multilatéralisme renouvelé qu’il cherche à construire.