Le 21 octobre 2026, la Commission sur l’inclusion sociale, la démocratie participative et les droits humains (CISDPDH) a réuni plus de 70 participants, parmi lesquels des membres de la Campagne mondiale « 10, 100, 1 000 villes et territoires des droits humains pour 2030 », des organisations partenaires et d’autres gouvernements locaux, à l’occasion d’une réunion en ligne consacrée à la territorialisation de la Nouvelle Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la ville et à la définition des prochaines étapes de la Campagne.
Quatre mois après son adoption lors du Congrès mondial de CGLU à Tanger, la réunion a réaffirmé le rôle de la Charte-Agenda comme colonne vertébrale thématique de la Campagne et abordé une question stratégique commune : comment en faire un instrument vivant dans les villes et les territoires, quels que soient leur taille, leurs capacités et leur contexte.
Faire de la Charte-Agenda une réalité au quotidien
La réunion s’est ouverte par les remarques d’Adrià Duarte, coordinateur de la Commission sur l’inclusion sociale, la démocratie participative et les droits humains de CGLU, qui a souligné que la Campagne rassemble désormais plus de 120 gouvernements locaux et régionaux et insisté sur la nécessité de maintenir cette dynamique et de mobiliser de nouvelles villes sur tous les continents.
Il a été suivi par Hans Sakkers, responsable de la stratégie internationale et des programmes de financement de la ville d’Utrecht, au nom de la coprésidence de la Commission. Rappelant le lancement de la Campagne à Daejeon en 2022, il a présenté la Charte-Agenda et ses 37 droits, en mettant en avant des domaines prioritaires tels que le soin, la proximité, l’espace public et la démocratie participative, et en soulignant qu’il s’agit d’un engagement à concrétiser :
« Territorialiser les droits humains n’est pas un exercice technique : il s’agit de garantir la dignité, le soin, la participation; et de la conviction que chaque personne, dans chaque quartier de chaque ville, mérite de vivre dans le respect de ses droits. »
Il a également invité les membres à réfléchir à la manière dont les villes pourraient se soutenir mutuellement de façon plus systématique, grâce à des évaluations par les pairs et à des recommandations, afin de contribuer à la professionnalisation du mouvement.
Relier l’action locale à l’agenda des Nations Unies en matière de droits humains
L’ouverture a également été marquée par l’intervention de Laura Dolci, coordinatrice de l’Alliance mondiale pour les droits humains du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Lancée à l’occasion du 80e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui sera célébré en 2028, l’une de ses principales priorités est d’accélérer la mise en œuvre des droits humains au niveau local. Dans le cadre de l’Alliance mondiale, la Commission poursuivra sa collaboration de longue date avec le HCDH et contribuera à porter la voix des gouvernements locaux et régionaux auprès des Nations Unies.

De nouveaux membres qui font vivre les droits humains
L’un des moments forts de la réunion a été la présentation des nouveaux membres qui rejoignent la Campagne :
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Suwon Special City, représentée par Nahyun Kim, chargée des droits humains au Centre des droits humains de la ville de Suwon, a présenté son système d’évaluation de l’impact sur les droits humains, qui permet d’identifier les risques de discrimination dans l’administration locale et de recommander des améliorations institutionnelles.
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Rosario, représentée par Mónica Ferrero, secrétaire à l’Égalité, au Genre et aux Droits humains, a présenté ses actions en matière de mémoire historique, de reconnaissance de la diversité sexuelle et de santé publique.
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L’Association des autorités locales palestiniennes (APLA), représentée par Jihad Nammoura, chargé du renforcement des capacités, a souligné que le droit à la ville et le droit de la ville sont essentiels au rétablissement des services et de la dignité dans un contexte d’occupation.
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Neuquén, représentée par Lucas Gastón Materre, sous-secrétaire aux Droits humains, à la Diversité, au Pluralisme culturel, au Genre et à l’Égalité, a présenté MIGRANEQUÉN, une plateforme municipale gratuite et multilingue destinée à accueillir les personnes migrantes, réfugiées et nouvellement arrivées, conçue avec leur participation.
Avec Katmandou, qui a également rejoint la Campagne et présenté ses politiques en matière de justice sociale, d’aide juridique gratuite et de justice climatique, cette nouvelle vague d’adhésions témoigne de la diversité croissante du mouvement des Villes des droits humains.
Faire des droits humains un pilier du WUF28
La réunion s’est également tournée vers le Forum urbain mondial de 2028 (WUF28), principal espace de dialogue entre les Nations Unies et les villes, qui sera accueilli par Mexico. Maria Fernanda Rodríguez, directrice adjointe de la coopération internationale, a présenté l’ambition de la ville de faire du Forum un lieu de rencontre entre les gouvernements locaux, les mouvements sociaux et les acteurs territoriaux, avec les droits humains comme fil conducteur.
« Nous voulons placer les droits humains au cœur de l’agenda post-2030 et construire un multilatéralisme plus inclusif, dans lequel les gouvernements locaux et régionaux disposent d’une voix plus forte. Les thèmes de la Charte-Agenda sont pleinement alignés sur notre feuille de route vers le WUF28. »
La feuille de route s’articule autour de quatre axes thématiques :
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Le soin et les droits sociaux, avec une attention particulière portée à l’égalité de genre et au bien-être des communautés ;
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Le logement et le droit à la ville, afin de garantir l’accès à un logement digne et abordable ;
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Les biens communs, notamment la ville elle-même en tant que bien commun et la durabilité de la vie ;
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La justice territoriale et la solidarité, en abordant les responsabilités partagées d’une métropole au-delà de ses limites administratives.
Tout au long de l’année 2027, Mexico organisera des dialogues et des processus participatifs afin de définir les espaces qui seront promus lors du Forum. La Nouvelle Charte-Agenda mondiale, la Campagne mondiale et la Commission constituent des références centrales dans ce processus, faisant du WUF28 une perspective concrète pour le mouvement des Villes des droits humains.

Des engagements à l’action locale
La discussion ouverte a rassemblé des maires, des villes et des partenaires autour de la territorialisation de la Charte-Agenda. Philippe Rio, maire de Grigny et coprésident de la Commission, a établi un lien avec le travail mené par Grigny en matière de droits culturels, d’éducation et de lutte contre la pauvreté. Évoquant les prochaines étapes du mouvement, il a déclaré :
« La Charte-Agenda est un guide très concret et le WUF constitue un horizon concret. Ensemble, ils nous invitent à définir une feuille de route ambitieuse. »
Lauren Peluso, de la Délégation générale aux relations internationales de la Ville de Paris, a souligné l’engagement de la ville en faveur du logement abordable, des droits des personnes réfugiées, de l’action climatique et des droits LGBTQIA+, tout en appelant à la création d’alliances solides entre villes démocratiques. Lorena Zárate, fondatrice et co-coordinatrice de la Plateforme mondiale pour le droit à la ville, a présenté la Charte-Agenda comme un outil permettant de renforcer la cohérence de l’agenda de développement post-2030, dans un contexte de rétrécissement de l’espace civique. Morten Kjaerum, professeur associé à l’Université d’Aalborg et chercheur affilié à l’Institut Raoul Wallenberg, a présenté les travaux menés en partenariat avec le HCDH pour développer un système d’accréditation des Villes des droits humains, qui serait lancé en décembre 2028, à l’occasion du 80e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Daria Cibrario, responsable principale des politiques à l’Internationale des services publics (PSI), a appelé à renforcer mutuellement la Charte-Agenda et l’Accord-cadre mondial PSI–CGLU sur le dialogue social et la coopération, afin de garantir les droits des travailleurs et travailleuses des services publics locaux.
Les participants ont également identifié plusieurs besoins communs pour la prochaine phase : des lignes directrices simples pour la mise en œuvre, des indicateurs communs permettant de mesurer les progrès et des mécanismes de soutien entre les villes.
Vers le WUF28 et 2028 : amplifier le mouvement des Villes des droits humains
La réunion s’est conclue par un appel ouvert à partager des bonnes pratiques afin d’éclairer la prochaine phase de mise en œuvre de la Charte-Agenda et de valoriser les initiatives déjà déployées sur le terrain. À l’approche du WUF28 à Mexico et du 80e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, une priorité claire se dessine : faire de la Nouvelle Charte-Agenda mondiale une réalité au quotidien et renforcer le rôle des gouvernements locaux et régionaux en tant que garants et acteurs de premier plan des droits humains.
Nous remercions chaleureusement nos membres et partenaires pour leur participation active !
Grigny, Utrecht, Seine-Saint-Denis, Gwangju, Mexico, Vienne, APLA, Katmandou, Kisumu, Neuquén, Paris, Rosario, Suwon City, Valparaíso, Quilmes, Gdansk, la Plateforme mondiale pour le droit à la ville (GPR2C), l’Internationale des services publics (PSI), le HCDH et bien d’autres.