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Participation citoyenne et coordination institutionnelle pour la gestion intégrale des micro-bassins et des espaces naturels protégés en Armenia (Colombie)

 

La ville d’Armenia est située sur un système hydrique formé de 18 micro-bassins ayant été déclarés zone protégée. La zone subit de multiples pressions en raison de conflits d'utilisation du sol qui ont donné lieu à la fragmentation des forêts et à la réduction de l’habitat et de l’alimentation de la flore et de la faune.

Le Plan de gestion intégrale des micro-bassins et des espaces naturels protégés urbains de la commune d’Armenia a été conçu en réponse à ce problème. Ce Plan émet une proposition de connectivité écologique dont l’objectif était d’établir 27 corridors de conservation traversant la zone urbaine de la commune d’Armenia ; d’incorporer la notion de connectivité dans l’aménagement territorial de la commune ; et d’intégrer la communauté dans le processus de restauration écologique des espaces protégées.

 

Le processus de participation citoyenne

La conception et la mise en place du corridor ont impliqué un processus participatif, de concertation et de coordination institutionnelle. Ainsi, la politique a été mise en œuvre à travers un processus d’approche, de sensibilisation, de renforcement des capacités et de création d’espaces pour l’élaboration de propositions de gestion environnementale s’adressant à la population de la commune d’Armenia. Ces processus ont été élaborés au sein de l’École environnementale urbaine (EEU), élément clé de la stratégie de durabilité de la politique, celle-ci envisageant l’éducation environnementale comme un moyen permettant d’articuler et de créer une sensibilité, des aptitudes et une appropriation des citoyens. En effet, l’EEU fournit le cadre de socialisation de la politique, l’espace de consultation où connaître et impliquer de nouveaux acteurs dans le processus. Pour y parvenir, des activités ont été réalisées au niveau de chaque surface végétale : enrichissement des forêts avec des espèces végétales natives, enrichissement de bambous, reforestation de pâturages et bordures avec des allées d’arbres ou avec des jardins comme zones d’amortissement.

 

Résultats et possibilités d’amélioration

S’agissant d’une initiative de la société civile, le principal enjeu a été d’obtenir l’engagement de l’administration municipale, qui s’est finalement concrétisé par la mise en œuvre de différents instruments juridiques. D’une part, le Plan d’aménagement territorial et le système municipal des espaces protégés ont reconnu les micro-bassins urbains comme des sols protégés et comme des aires stratégiques de la commune. D’autre part, au cours de la création des corridors de conservation, le Plan d’aménagement environnemental de la commune a été élaboré garantissant l’implication de l’administration municipale grâce à l’incorporation de la notion de connectivité structurelle.

Cette politique peut être considérée comme réussie dans la mesure où elle va au-delà de la conception d’habitats agrestes. La conception du corridor cherchait à répondre aux intérêts de la communauté concernée et couvrir le besoin de restaurer les écosystèmes en conservant leur structure et en prolongeant leur rôle. Les principaux défis et les limites rencontrées ont été la concertation des acteurs, un par un, dans le cadre de la mise en place du corridor, et la vulnérabilité du projet en termes de continuité et d’engagement de l’administration municipale.

 

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