Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a officiellement lancé l'Alliance mondiale pour les droits humains le 11 juin 2026 à Genève. Réunie autour d'un engagement partagé visant à replacer les droits humains au centre de la prise de décision, du leadership et de l'action quotidienne, l'Alliance rassemble des gouvernements, des autorités locales, la société civile, le secteur privé et le monde universitaire afin d'imaginer, de dialoguer et d'agir ensemble en vue du 80e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 2028.
Alors que les droits humains font face à des défis croissants — du rétrécissement de l'espace civique et de la hausse des inégalités jusqu'aux urgences climatiques —, l'Alliance sert de plateforme essentielle pour rendre les droits concrets dans la vie quotidienne des populations. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a souligné l'urgence de cet effort collectif lors du lancement :
Les droits humains sont le fondement de sociétés pacifiques, justes et inclusives. À une époque de profonde incertitude mondiale, nous devons renouveler notre engagement et élargir notre soutien, en mobilisant l'énergie que nous voyons à travers le monde pour garantir que les droits humains restent la force motrice de notre avenir collectif. L'avenir est une chose que nous sommes déjà en train de construire.

Le leadership local, moteur d'un multilatéralisme renouvelé
Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) a participé au lancement en tant que partenaire stratégique clé, renforçant ainsi le rôle du mouvement municipal et reconnaissant que les gouvernements locaux et régionaux ne sont pas de simples exécutants des agendas internationaux, mais des co-créateurs de politiques publiques et les gardiens d'un nouveau contrat social fondé sur le soin et la démocratie locale.
Un pilier central de cet effort international est la reconnaissance officielle de notre campagne mondiale, « 10, 100, 1000 villes et territoires de droits humains pour 2030 », comme l'une des initiatives catalytiques clés de l'axe stratégique « Les droits humains à la maison », qui a mené à la création de l'Alliance mondiale elle-même. Cet axe positionne l'action locale et la gouvernance fondée sur les droits comme la base de la gouvernance mondiale et du multilatéralisme local, garantissant que la voix des communautés locales et des territoires soit directement reliée aux espaces de décision internationaux.
Lors de l'événement de lancement à Genève, Emilia Saiz, Secrétaire générale de CGLU, a souligné que rejoindre ce mouvement est une nécessité absolue — un « impératif » — pour que les gouvernements locaux et régionaux protègent les droits humains :
Sans services publics locaux universels, il n'y a ni égalité, ni démocratie, ni paix, ni dignité. Les droits humains prennent tout leur sens lorsque les populations peuvent accéder aux éléments essentiels du quotidien qui préservent la dignité et le bien-être, notamment le logement, l'eau et des services publics de qualité, sans discrimination. Les gouvernements locaux et régionaux sont idéalement placés pour y parvenir, car ils constituent le niveau de gouvernement le plus proche des citoyens. Rejoindre cette alliance n'est pas vraiment une option — c'est un impératif. Notre place est ici.
Ainsi, l'expansion du mouvement des Villes de droits humains et de la Campagne — qui visent compter jusqu’à 1 000 villes et territoires d'ici 2030 — sert de cadre à la fois politique et programmatique pour accélérer la réalisation des droits humains dans la ville, en veillant à ce que les citoyens soient traités non pas comme des clients, mais comme de véritables détenteurs de droits dans leurs villes.

Les droits humains en action : La Nouvelle Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la ville
La collaboration entre CGLU et le HCDH est renforcée par le travail conjoint et crucial entre les deux organisations lors du lancement, en 2025, du Cadre d'orientation pour la création d'une ville de droits humains. Co-développé par les deux institutions, ce cadre sert de référence internationale pour intégrer les droits humains au cœur de la gouvernance municipale, couvrant les instruments, les outils et les dispositions institutionnelles nécessaires à une approche de la gouvernance locale fondée sur les droits humains.
Lors du Congrès de CGLU 2026 à Tanger, CGLU adoptera également formellement la Nouvelle Charte-Agenda mondiale des droits humains dans la ville. Portée par notre Commission, ce document s'inspire de la première Charte-Agenda, adoptée en 2011. Offrant un cadre renouvelé pour promouvoir les droits humains au niveau local, le nouveau document reflète l'évolution des réalités urbaines et la consolidation croissante du mouvement des Villes de droits humains, afin de proposer un agenda thématique stratégique sur les droits humains, assorti de recommandations pour sa mise en œuvre.
Le Cadre d'orientation et la Nouvelle Charte-Agenda doivent être perçus comme outils complémentaires pour guider la mise en œuvre des droits humains : le premier fournissant l'épine dorsale institutionnelle de la gouvernance des droits humains, et le second l'agenda thématique pour faire progresser la protection et l'application de ces droits.
De plus, les droits humains et le Droit à la Ville servent de principes politiques directeurs à la Coalition Sociale Locale, le mandat politique et le cadre de CGLU pour façonner une nouvelle génération de services publics locaux universels. Ancré dans la démocratie locale et la prestation de services publics, ce cadre définira la contribution territoriale du mouvement municipal aux négociations internationales du post-2030.

De l'engagement à l'action
En ancrant la campagne mondiale « 10, 100, 1000 villes et territoires de droits de l'homme pour 2030 » au sein de la nouvelle Alliance de l'ONU et en progressant vers l'adoption de la Nouvelle Charte-Agenda mondiale, notre réseau renforce les mécanismes de gouvernance multiniveau nécessaires pour traduire les traités internationaux en réalités locales.
La Commission Inclusion Sociale, Démocratie Participative et Droits Humains de CGLU (CISDPDH) continuera de diriger ce processus, en soutenant les gouvernements locaux en tant qu'acteurs de première ligne de la transformation. La transition de l'engagement à l'action commence dans nos quartiers, nos espaces publics et nos communautés locales.